Freelance ou salarié : le choix ne se résume pas à une question de revenus. Il porte sur ce que vous acceptez d’assumer en échange de ce que vous gagnez en autonomie.
J’ai fait ce choix il y a plus de dix ans. Voici ce que je dirais à quelqu’un qui hésite, sans le romantisme habituel sur ce sujet.
Ce que le salariat apporte réellement
On a tendance à l’oublier quand on est tenté par l’indépendance.
- Un revenu qui tombe le même jour chaque mois, quoi qu’il arrive.
- Une protection sociale complète : chômage, arrêts de travail, retraite, mutuelle.
- Des congés réellement payés. En freelance, une semaine de vacances est une semaine sans revenu.
- Un cadre. Quelqu’un décide de la direction, vous exécutez votre part.
- Des collègues, ce qui n’est pas un détail. L’isolement est le motif d’abandon le plus fréquent chez les indépendants.
Ce que le freelance apporte
- Le choix des missions, y compris celui de refuser. C’est la liberté la plus concrète et la plus sous-estimée.
- Le pilotage de son temps, dans les limites de ses engagements.
- Un revenu potentiellement supérieur à compétence égale, parce que vous facturez la valeur et non des heures de présence.
- Une progression rapide. Vous touchez à tout, commercial, technique, gestion, ce qui fait apprendre vite.
- Aucun plafond imposé par une grille salariale.
Ce que personne ne dit assez
Trois réalités que l’on découvre après coup.
Le temps facturable ne dépasse jamais 60 %. Prospection, devis, facturation, relances, veille, comptabilité : tout cela ne se facture pas. Un freelance qui travaille cinq jours en facture trois. C’est le calcul que personne ne fait avant de se lancer.
Les impayés existent. Vous avancez le travail, et parfois vous relancez pendant des mois. Une trésorerie de sécurité n’est pas un luxe.
L’irrégularité est structurelle. Deux mois excellents, un mois vide. Cela ne signifie pas que l’activité va mal, mais il faut l’avoir prévu financièrement et psychologiquement.
Le calcul du tarif
L’erreur la plus fréquente consiste à diviser un salaire souhaité par le nombre de jours du mois.
Partez plutôt du revenu annuel net visé, ajoutez les cotisations, les charges de fonctionnement, les congés, les jours non facturables et une marge pour les périodes creuses. Divisez ensuite par le nombre de jours réellement facturables, soit environ 130 à 150 par an, jamais 220.
Le tarif obtenu paraît élevé comparé à un salaire journalier. Il ne l’est pas : il couvre ce que l’employeur payait sans que vous le voyiez.
Le portage salarial
Une voie intermédiaire qui mérite d’être connue. Vous trouvez vos clients comme un indépendant, mais une société de portage vous salarie et facture à votre place.
Vous conservez la protection sociale du salariat, y compris le chômage, au prix d’une commission qui se situe généralement entre 5 et 10 % du chiffre d’affaires. C’est une façon raisonnable de tester l’indépendance sans renoncer à sa couverture.
Questions fréquentes
Gagne-t-on plus en freelance qu’en salarié ?
Potentiellement oui, à compétence égale, mais seulement 130 à 150 jours par an sont réellement facturables. Le tarif journalier doit intégrer cette réalité.
Comment calculer son tarif journalier ?
En partant du revenu net visé, augmenté des cotisations, des charges, des congés et des périodes creuses, divisé par les jours réellement facturables.
Quel statut pour se lancer en freelance ?
La micro-entreprise dans la plupart des cas, pour sa simplicité et l’absence de charges sans chiffre d’affaires. La société devient pertinente quand les charges augmentent.
Qu’est-ce que le portage salarial ?
Vous trouvez vos clients comme un indépendant, mais une société vous salarie et facture à votre place. Vous gardez la protection du salariat contre une commission de 5 à 10 %.
Quand se lancer en freelance ?
Avec six mois de charges d’avance et au moins un client qui vous attend. En dessous, le portage est une transition plus prudente.
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