Micro-entreprise ou SASU : le choix se joue sur trois éléments, votre chiffre d’affaires prévisionnel, vos charges réelles et votre besoin de protection sociale. Le reste relève des préférences.
Voici de quoi trancher, du point de vue de quelqu’un qui a fait ce choix et l’a vu faire par beaucoup d’indépendants du web.

La micro-entreprise
Le régime le plus simple. Vous déclarez votre chiffre d’affaires, vous payez un pourcentage de cotisations, et c’est tout.
Ce qui va bien : la création est immédiate et gratuite, la comptabilité tient dans un tableur, et vous ne payez de cotisations que si vous encaissez. Sans chiffre d’affaires, aucune charge.
Les limites :
- Un plafond de chiffre d’affaires, au delà duquel vous basculez automatiquement.
- Aucune déduction de charges. Vous cotisez sur le chiffre d’affaires brut. Si vos dépenses représentent 40 % de vos revenus, vous payez sur de l’argent que vous n’avez jamais gardé.
- Une protection sociale minimale, notamment sur la retraite et les arrêts de travail.
- Pas de récupération de TVA sous le seuil de franchise.
Pour qui : le démarrage, l’activité complémentaire, et les métiers à faibles charges. Un consultant qui travaille depuis chez lui avec un ordinateur y est parfaitement à sa place.
La SASU
Une société à associé unique. Vous êtes président assimilé salarié.
Ce qui va bien :
- Vous déduisez vos charges réelles : matériel, logiciels, déplacements, local, sous-traitance.
- Une protection sociale du régime général, nettement supérieure sur la retraite et la prévoyance.
- Le pilotage de votre rémunération entre salaire et dividendes.
- Aucun plafond de chiffre d’affaires.
- Une crédibilité supérieure auprès des grands comptes, qui hésitent parfois à contracter avec une micro-entreprise.
Les limites : une comptabilité obligatoire avec un expert-comptable, des charges sociales élevées sur le salaire, et des formalités à la création comme à la fermeture.
Pour qui : une activité installée, des charges significatives, ou un besoin de protection sociale réelle.
Où se situe la bascule
Il n’existe pas de seuil universel, mais trois questions donnent la réponse.
- Vos charges dépassent-elles 30 % de votre chiffre d’affaires ? Si oui, la micro-entreprise vous fait cotiser sur de l’argent que vous ne gardez pas.
- Approchez-vous du plafond ? Anticipez plutôt que de subir la bascule en cours d’année.
- Votre protection sociale compte-t-elle ? Si vous avez des personnes à charge ou un crédit, la différence de couverture devient un sujet sérieux.
Deux réponses positives sur trois justifient d’étudier la SASU avec un comptable.
Le cas particulier des métiers du web
Pour un webmaster, un développeur ou un consultant, les charges sont généralement faibles : un ordinateur, quelques abonnements logiciels, un hébergement. La micro-entreprise reste donc pertinente plus longtemps que dans d’autres métiers.
Deux éléments font toutefois basculer : la sous-traitance, si vous confiez une partie du travail à d’autres indépendants, et les achats revendus, hébergement ou licences facturés au client. Dans les deux cas, vous encaissez de l’argent qui n’est pas le vôtre et vous cotisez dessus.
Questions fréquentes
Micro-entreprise ou SASU pour débuter ?
La micro-entreprise dans la plupart des cas : création immédiate, comptabilité simple, et aucune charge sans chiffre d’affaires. Sauf si vos charges sont élevées dès le départ.
Quand passer de la micro-entreprise à la SASU ?
Quand vos charges dépassent environ 30 % du chiffre d’affaires, quand vous approchez du plafond, ou quand la protection sociale devient un enjeu.
Peut-on déduire ses frais en micro-entreprise ?
Non. Vous cotisez sur le chiffre d’affaires brut, sans déduction des charges réelles. C’est sa principale limite.
La SASU offre-t-elle une meilleure protection sociale ?
Oui. Le président est assimilé salarié et relève du régime général, avec une couverture retraite et prévoyance supérieure.
Le changement de statut est-il compliqué ?
C’est une opération courante que tout comptable maîtrise. Elle demande de créer la société et de cesser l’activité en micro-entreprise.
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