Un site piraté ou un serveur en panne appelle les mêmes réflexes : constater, isoler, restaurer, comprendre. Dans cet ordre. La panique fait perdre plus de temps que l’incident lui-même, et détruit souvent les traces nécessaires au diagnostic.
Voici la marche à suivre, telle que je l’applique quand on me confie un site dans cet état.

Panne ou piratage ? Établir le diagnostic
Les deux situations ne se traitent pas de la même façon.
Une panne serveur se manifeste par une erreur 500, un site inaccessible ou anormalement lent, sans modification du contenu. Vérifiez d’abord la page d’état de votre hébergeur : dans la moitié des cas, l’incident est de son côté et vous n’avez rien à faire.
Un piratage se reconnaît à des signes précis : des pages que vous n’avez pas créées, des redirections vers des sites étrangers, un avertissement rouge dans le navigateur, un message de Google dans la Search Console, ou des courriels envoyés depuis votre domaine sans votre accord.
Un cas intermédiaire mérite attention : un site subitement très lent sans changement de votre part est parfois le signe d’un serveur utilisé à votre insu.
Les premières heures
- Ne supprimez rien. C’est le réflexe le plus naturel et le plus dommageable. Les fichiers modifiés portent la date et la trace de l’intrusion, qui vous serviront à comprendre par où elle est passée.
- Faites une copie complète de l’état actuel, fichiers et base de données. Vous travaillerez sur une copie, jamais sur la production.
- Coupez l’accès public en activant une page de maintenance. Elle doit renvoyer un code 503, pas 200, pour indiquer aux moteurs que l’indisponibilité est temporaire.
- Changez tous les mots de passe : administration, base de données, FTP, hébergeur, et les comptes de messagerie associés.
- Prévenez votre hébergeur. Il dispose de journaux de connexion que vous n’avez pas, et il a déjà vu le cas cent fois.
Restaurer sans réintroduire le problème
La restauration d’une sauvegarde est la voie la plus rapide, à une condition : savoir depuis quand le site est compromis.
Restaurer une sauvegarde postérieure à l’intrusion remet en ligne un site infecté, et vous recommencerez dans trois jours. Les journaux du serveur et les dates de modification des fichiers permettent de dater l’événement. Dans le doute, remontez plus loin.
Après restauration, avant de rouvrir : mettez à jour le cœur de WordPress, toutes les extensions et le thème. La faille exploitée est presque toujours une extension obsolète.
Supprimez ensuite ce qui traîne : extensions désactivées mais présentes, thèmes inutilisés, comptes administrateurs inconnus. Une extension désactivée reste un fichier accessible sur le serveur.
Après la remise en ligne
Le travail n’est pas terminé quand le site fonctionne à nouveau.
- Vérifiez la Search Console. Si Google a détecté le piratage, demandez un examen une fois le nettoyage confirmé. Sans cette démarche, l’avertissement reste affiché aux visiteurs.
- Contrôlez les pages indexées. Un piratage crée souvent des centaines de pages parasites qu’il faut faire disparaître de l’index.
- Surveillez pendant un mois, en particulier les fichiers modifiés et les nouvelles connexions administrateur.
Ce qui aurait évité l’incident
Trois mesures suffisent à écarter l’immense majorité des cas :
- Des sauvegardes automatiques, externalisées et testées. Une sauvegarde jamais restaurée n’est qu’une hypothèse.
- Les mises à jour de sécurité appliquées sans délai. Elles corrigent des failles déjà connues et déjà exploitées.
- Une surveillance qui vous prévient d’une indisponibilité ou d’une modification de fichier avant que vos clients ne le fassent.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon site WordPress est piraté ?
Des pages inconnues, des redirections vers des sites étrangers, un avertissement dans le navigateur, un message dans la Search Console ou des courriels envoyés depuis votre domaine.
Que faire en premier quand un site est piraté ?
Ne rien supprimer, faire une copie complète de l’état actuel, couper l’accès public avec une page de maintenance en code 503, puis changer tous les mots de passe.
Peut-on restaurer une sauvegarde après un piratage ?
Oui, à condition qu’elle soit antérieure à l’intrusion. Datez l’événement grâce aux journaux du serveur avant de choisir, sinon vous remettrez le site infecté en ligne.
Combien coûte le nettoyage d’un site piraté ?
De quelques centaines à plusieurs milliers d’euros selon l’ampleur. C’est presque toujours plus cher que plusieurs années de maintenance préventive.
Comment éviter qu’un site soit piraté ?
Des sauvegardes externalisées et testées, les mises à jour de sécurité appliquées sans délai, et une surveillance qui vous alerte avant vos clients.
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