Quand vous lancez le site de votre entreprise, le nom de domaine paraît être le détail le plus simple du projet : quelques euros, parfois rien du tout puisque l’hébergeur l’offre. C’est pourtant lui qui pose le plus de problèmes des années plus tard, au moment de changer de prestataire ou de refaire le site. Une adresse web est un actif de l’entreprise, au même titre qu’une enseigne.

Les registrars expliquent comment réserver un nom en trois clics. Ils disent moins ce que coûte réellement un domaine « offert » au bout de trois ans, à qui il appartient juridiquement, ce qui se passe le jour où il expire ou comment le reprendre à un ancien prestataire. Voici ces réponses, avec des prix constatés sur le marché en 2026.

Femme consultant un site internet sur un ordinateur portable posé sur une table en bois, à côté d'un mug et d'un smartphone

Nom de domaine gratuit : ce que « offert » veut vraiment dire

Il n’existe pas de nom de domaine en .fr ou en .com réellement gratuit et durable. Chaque enregistrement est facturé par le registre (l’Afnic pour le .fr, Verisign pour le .com) au bureau d’enregistrement, qui le refacture. Quand un hébergeur annonce un nom de domaine gratuit avec votre pack, il s’agit presque toujours d’une remise sur la première année, conditionnée à la souscription d’un hébergement annuel. Le renouvellement se fait ensuite au tarif public, et le nom reste lié à l’offre d’hébergement.

La deuxième forme de gratuité est le sous-domaine des constructeurs de sites, avec une adresse du type maboutique.wixsite.com ou maboutique.site123.me. Vous ne payez rien, mais l’adresse appartient à la plateforme et disparaît si vous partez. Restent les services associatifs comme EU.org, réservés aux usages non commerciaux, et les anciennes extensions gratuites type .tk, délaissées depuis l’arrêt de Freenom en 2023. Pour une entreprise, aucune de ces pistes ne tient. Le bon raisonnement consiste à comparer le coût d’un domaine payé séparément avec celui d’un pack, sachant que le choix de l’hébergement obéit à d’autres critères, détaillés dans ce guide pour choisir un hébergement web fiable qui passe en revue performances, support et sauvegardes. Séparer le domaine de l’hébergement simplifie d’ailleurs tout changement futur.

Prix d’un nom de domaine : le vrai coût sur trois ans

C’est le prix de renouvellement qui compte. Sur les grilles publiques relevées en 2026, un .fr se crée entre 1 et 8 € HT la première année selon les promotions, puis se renouvelle entre 7,79 € HT par an chez OVHcloud et environ 24 € HT chez Gandi, qui affiche 28,78 € TTC. Un .com démarre entre 1 et 8 € HT, puis se renouvelle autour de 11 à 15 € HT par an (13,49 € HT chez OVHcloud). IONOS affiche régulièrement le .fr ou le .com à 1 € HT la première année, avant un renouvellement de 11 à 15 € HT.

Sur trois ans, l’écart devient lisible. Un .fr offert la première année puis renouvelé deux fois coûte entre 16 et 48 € HT selon le registrar, un .com dans les mêmes conditions revient à 22 à 30 € HT. Les sommes restent modestes, mais s’y ajoutent les options vendues autour : e-mails, protection Whois, certificat SSL premium. Comparer le prix d’un nom de domaine sur trois ans plutôt que sur douze mois évite la mauvaise surprise de la deuxième facture. C’est le même réflexe que pour l’hébergement lui-même, où les offres d’hébergement web pas cher cachent souvent une hausse au renouvellement. Pour un nom déjà enregistré par quelqu’un d’autre, la logique change : sur le marché secondaire, deux tiers des ventes se concluent sous 1 000 dollars et près de la moitié sous 500 dollars (données SIDN sur les ventes 2019), mais un nom court et générique en .com dépasse facilement plusieurs milliers d’euros.

Propriétaire du nom de domaine : le piège du titulaire au nom du prestataire

Un nom de domaine a un titulaire (la personne qui en détient les droits) et des contacts techniques qui le gèrent. Le problème que je rencontre le plus souvent lors des reprises de sites tient en une ligne : le titulaire n’est pas l’entreprise, mais le prestataire qui a créé le site, voire un salarié parti depuis. Rarement par malveillance. Le prestataire a commandé le domaine depuis son propre compte pour aller plus vite et le sujet n’a jamais été rediscuté.

Le jour où vous changez de prestataire, où celui-ci cesse son activité ou où un différend apparaît, vous découvrez que le nom sur lequel reposent votre site, vos e-mails et votre fiche Google n’est juridiquement pas à vous. Récupérer un domaine dans ces conditions demande l’accord du titulaire. Sans cet accord, il reste les procédures de résolution des litiges de l’Afnic pour un .fr : Syreli, facturée 250 € HT, ou PARL Expert, autour de 1 500 € HT, avec environ deux mois de délai et l’obligation de démontrer une atteinte à vos droits, par exemple sur votre dénomination sociale ou votre marque. Pour éviter d’en arriver là, le propriétaire du nom de domaine doit être l’entreprise elle-même, avec sa raison sociale et une adresse e-mail générique qu’elle contrôle, le prestataire n’apparaissant qu’en contact technique.

Whois du nom de domaine : vérifier le titulaire et le récupérer

Pour un .fr, l’outil Whois de l’Afnic affiche le titulaire lorsqu’il s’agit d’une personne morale : vous devez y lire la raison sociale de votre entreprise. Un nom de prestataire, ou des données masquées (cas d’une personne physique, protégée par le RGPD), signale un sujet à traiter. Pour un .com, la recherche RDAP proposée par l’ICANN donne le registrar et les dates d’échéance, mais les coordonnées du titulaire sont généralement masquées : vérifiez alors dans l’espace client du registrar.

Si le domaine n’est pas à votre nom, demandez par écrit un changement de titulaire au profit de l’entreprise. L’opération est gratuite chez la plupart des registrars. Demandez ensuite le code d’autorisation, aussi appelé code de transfert ou AuthInfo, qui vous permettra de déplacer le domaine sur votre propre compte. En cas de refus, une mise en demeure rappelant que le nom correspond à votre dénomination sociale débloque la plupart des situations. Notez ensuite la date d’expiration, le registrar et l’identifiant du compte dans un document partagé.

Extension nom de domaine : .fr, .com ou extension locale ?

Pour une entreprise qui travaille en France, le .fr reste le choix le plus lisible. Il rassure les clients et impose une condition d’éligibilité : le titulaire doit résider ou être établi dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse. Le .com garde l’avantage pour une activité tournée vers l’export. Dans le doute, l’hésitation entre un nom de domaine .fr ou .com se règle souvent en réservant les deux et en redirigeant l’un vers l’autre, pour une vingtaine d’euros HT par an.

Les extensions régionales ou thématiques méritent un regard plus nuancé. Le .bzh, le .alsace, le .paris ou le .corsica plaisent aux commerces très attachés à leur territoire, mais elles coûtent nettement plus cher, souvent entre 30 et 60 € HT par an, et restent moins mémorisées que le .fr. Les extensions comme .shop, .tech ou .io affichent des premières années attractives puis des renouvellements élevés, à l’image du .io renouvelé à 59,74 € HT chez OVHcloud. Pour le nom lui-même : court, facile à épeler au téléphone, cohérent avec votre enseigne. Évitez enfin la marque d’un tiers, premier motif de perte d’un nom en procédure.

Nom de domaine expiré : renouvellement, délais et risque de perte

Un nom de domaine se loue pour une durée de un à dix ans, jamais à vie. Sans paiement à l’échéance, le site et les e-mails cessent rapidement de fonctionner. Pour un .com, il existe ensuite une période de grâce de 30 à 45 jours selon le bureau d’enregistrement, puis une période de rédemption de 30 jours pendant laquelle la restauration reste possible, mais facturée de 70 à 180 € selon les registrars, avant cinq jours de suppression définitive. Pour un .fr, le nom supprimé entre en période de rédemption de 30 jours, pendant laquelle seul l’ancien titulaire peut le restaurer, moyennant des frais (25 € HT chez Gandi).

Le risque ne tient pas au délai, mais à la personne qui reçoit les relances. Si le renouvellement part sur la carte bancaire expirée d’un ancien gérant ou sur l’adresse e-mail d’un prestataire disparu, personne ne voit rien avant la panne. Des acheteurs surveillent les noms qui expirent pour les racheter dès leur libération, surtout s’ils ont de l’historique. Activez le renouvellement automatique du nom de domaine sur un moyen de paiement de l’entreprise, vérifiez que l’adresse de contact est une boîte générique consultée, et intégrez cette échéance au suivi technique du site, comme le prévoit une bonne routine de maintenance WordPress qui surveille aussi les mises à jour et les sauvegardes. Pour un nom stratégique, renouvelez plusieurs années d’un coup.

Transfert de nom de domaine : changer de registrar sans casser site ni e-mails

Le transfert consiste à déplacer la gestion du domaine d’un bureau d’enregistrement à un autre, sans changer de titulaire. Il se déclenche avec le code d’autorisation fourni par le registrar actuel, après déverrouillage du domaine, et coûte en général l’équivalent d’une année d’enregistrement (6 € HT pour un .fr chez Gandi, par exemple). Pour un .com, l’opération ajoute un an à la date d’expiration, et elle est impossible pendant les 60 jours qui suivent une création ou un précédent transfert.

Le vrai danger se situe dans la zone DNS. C’est elle qui indique où se trouvent le site et les e-mails (enregistrements MX, SPF, DKIM). Mal préparé, un transfert repart parfois avec une zone vide et les e-mails cessent d’arriver. Avant toute opération, exportez la zone complète, recopiez-la chez le nouveau registrar et baissez la durée de cache (TTL) quelques jours plus tôt. Un transfert de nom de domaine bien préparé se fait sans interruption visible, et c’est aussi le bon moment pour regrouper domaine, hébergement et certificat chez un interlocuteur clair. Si vous souhaitez déléguer ce chantier, une offre d’hébergement de site internet avec gestion du domaine au nom de votre entreprise permet de garder la propriété tout en confiant la technique. Vous gardez ainsi la main.

Questions fréquentes sur le nom de domaine gratuit

Quel est le prix d’un nom de domaine ?
Sur le marché en 2026, comptez entre 1 et 8 € HT la première année pour un .fr ou un .com, puis environ 8 à 24 € HT par an pour un .fr et 11 à 15 € HT pour un .com au renouvellement.

Est-ce obligatoire d’avoir un nom de domaine ?
Aucune loi n’impose à une entreprise d’avoir un nom de domaine. En pratique, sans nom à vous, vous dépendez de l’adresse d’une plateforme et vous ne pouvez pas avoir d’e-mail professionnel à votre nom.

Où puis-je acheter un nom de domaine à 1 € ?
Plusieurs registrars, dont IONOS, proposent régulièrement le .fr ou le .com à 1 € HT la première année. Vérifiez toujours le prix de renouvellement, qui se situe ensuite autour de 11 à 15 € HT par an.

Comment avoir son propre nom de domaine ?
Vérifiez la disponibilité du nom chez un registrar, réservez-le en indiquant l’entreprise comme titulaire avec sa raison sociale, puis reliez-le à votre hébergement via la zone DNS. Activez ensuite le renouvellement automatique.

Peut-on avoir un nom de domaine gratuit à vie ?
Non, pas pour un .fr ou un .com. Seuls les sous-domaines de plateformes et certains services associatifs réservés aux usages non commerciaux sont gratuits durablement, et ils ne vous appartiennent pas.

Article rédigé par Adrien De Meyer, webmaster freelance, à partir de reprises de sites de TPE et de commerces dont le nom de domaine était enregistré au nom d’un ancien prestataire. Dernière mise à jour : 7 octobre 2026.

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