Tous les hébergeurs font tourner WordPress. Peu le font bien. La différence ne se voit pas sur la fiche commerciale, elle apparaît le jour où votre site ralentit, où une mise à jour casse quelque chose, ou où vous devez restaurer une sauvegarde.

Voici les critères qui comptent réellement pour WordPress, et comment trancher.

Comment choisir hebergeur wordpress

Les critères spécifiques à WordPress

La version de PHP, et la possibilité d’en changer

WordPress fonctionne nettement mieux sur les versions récentes de PHP : le gain de performance entre une version ancienne et une version courante est de l’ordre de plusieurs dizaines de pourcents, gratuitement.

Vérifiez deux choses : que les versions récentes sont proposées, et que vous pouvez changer de version depuis votre interface sans passer par le support. Si ce n’est pas le cas, vous serez bloqué le jour où une extension exigera une version supérieure.

La mémoire allouée

Comptez 256 Mo au minimum. Beaucoup d’offres d’entrée de gamme se limitent à 128 Mo, ce qui provoque des écrans blancs dès qu’une extension un peu lourde entre en jeu. C’est une cause de panne très fréquente et rarement identifiée.

Les sauvegardes et surtout leur restauration

Le point sur lequel je suis le plus intransigeant. Trois questions : à quelle fréquence, combien de temps sont-elles conservées, et la restauration est-elle facturée ?

Sept jours de rétention est insuffisant pour détecter un piratage discret. Une restauration facturée transforme un incident bénin en dépense imprévue.

Le cache serveur

De plus en plus d’hébergeurs proposent un cache intégré, souvent plus efficace qu’une extension. Vérifiez sa présence, et surtout qu’il ne fait pas doublon avec votre plugin de cache : deux caches qui se superposent produisent des comportements imprévisibles.

Ce que l’hébergeur protège, et ce qu’il ne protège pas

La confusion est fréquente, alors autant la lever : un hébergeur sécurise le serveur, pas votre site. Une extension vulnérable reste vulnérable chez le meilleur hébergeur du marché.

Ce qui relève de l’hébergeur, et qu’il faut vérifier avant de signer :

  • Le certificat HTTPS, fourni et renouvelé automatiquement. Un renouvellement manuel finit toujours par être oublié, et le site affiche alors une alerte de sécurité pendant des jours.
  • Un pare-feu applicatif devant le serveur, qui bloque les requêtes malveillantes avant qu’elles n’atteignent WordPress.
  • La limitation des tentatives de connexion, contre les attaques par force brute sur wp-login.php. C’est la porte la plus attaquée d’un site WordPress, sans exception.
  • L’isolation des comptes sur les offres mutualisées : un site voisin compromis ne doit pas pouvoir atteindre le vôtre.
  • Un CDN, utile pour la vitesse mais aussi pour absorber un pic de trafic ou une attaque.

Ce qui reste à votre charge : les mises à jour du cœur, du thème et des extensions, la qualité des extensions installées, et la force des mots de passe. Aucun hébergement ne compense un site laissé sans suivi.

L’accès aux fichiers et à la base

Un accès SFTP et un gestionnaire de base de données sont indispensables. Sans eux, vous ne pourrez pas désactiver une extension qui a mis le site à terre, ni restaurer manuellement quoi que ce soit.

Un support qui connaît WordPress

C’est ce qui distingue un hébergeur généraliste d’un hébergeur qui vous fera gagner du temps. Testez avant de souscrire : posez une question technique précise au support commercial et jugez la réponse.

Hébergement mutualisé, infogéré ou VPS

Trois formules, trois usages.

  • Le mutualisé, de 4 à 10 € par mois. Convient à la grande majorité des sites WordPress : vitrine, blog, petit catalogue. Vous ne gérez rien techniquement, et c’est précisément l’intérêt.
  • L’hébergement WordPress infogéré, de 20 à 50 € par mois. L’hébergeur prend en charge les mises à jour, la sécurité et la sauvegarde. Cher, mais pertinent si personne chez vous ne veut s’en occuper.
  • Le VPS, à partir de 10 € par mois. Ressources garanties, liberté totale, mais quelqu’un doit administrer le serveur. Si ce n’est pas vous, c’est un prestataire, et cela s’ajoute au budget.

Le passage au VPS se justifie par un besoin réel, pas par principe. Un site vitrine sur un VPS mal administré est moins fiable que le même site sur un bon mutualisé.

Les acteurs du marché français

Les principaux hébergeurs présents en France, OVHcloud, o2switch, IONOS, Hostinger, LWS, remplissent tous ces critères dans leurs offres intermédiaires. Rarement dans leurs offres d’appel, et c’est précisément là que se joue la différence.

Je ne publie pas de classement, pour une raison simple : la plupart des comparatifs que vous trouverez sont rémunérés à la commission. Prenez plutôt la liste de critères ci-dessus et confrontez-la aux offres.

Changer d’hébergeur sans casse

Si vous migrez, trois précautions valent d’être rappelées.

Faites une sauvegarde complète avant toute chose, fichiers et base de données. Conservez l’ancien hébergement actif pendant au moins une semaine après la bascule. Et vérifiez le site en profondeur avant de modifier les entrées DNS : formulaires, paiement, courriels sortants.

La migration en elle-même est rarement le problème. Ce sont les courriels et les tâches planifiées qu’on oublie.

Questions fréquentes

Quel hébergeur choisir pour WordPress ?
Celui qui propose une version de PHP récente et modifiable, au moins 256 Mo de mémoire, des sauvegardes restaurables sans frais et un support compétent. Les principaux hébergeurs français remplissent ces conditions dans leurs offres intermédiaires.

Combien coûte un hébergement WordPress correct ?
De 4 à 10 € par mois en mutualisé, de 20 à 50 € en infogéré. En dessous de 4 €, vérifiez précisément ce qui est couvert.

Faut-il un hébergement WordPress spécialisé ?
Pas nécessairement. L’infogéré se justifie si personne ne suivra les mises à jour et la sécurité. Sinon, un bon mutualisé suffit largement.

Combien de mémoire PHP pour WordPress ?
256 Mo au minimum. Les offres limitées à 128 Mo provoquent des écrans blancs dès qu’une extension exigeante est activée.

Comment changer d’hébergeur sans perdre son site ?
Sauvegarde complète, conservation de l’ancien hébergement une semaine, et vérification approfondie avant de modifier les DNS. Les oublis portent presque toujours sur les courriels et les tâches planifiées.

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